Antoine Philippe Leboucher (souvent orthographié Le Boucher) est un artiste peintre sur porcelaine français dont la vie s’articule entre l’art délicat de la céramique et des investissements fonciers notables en région parisienne.
Voici ce que l’on sait de son parcours et de son histoire :
Sa Vie et ses Origines
Né le 5 juillet 1808 à Rouen (Seine-Maritime), il est le fils de Jean Baptiste François Leboucher et de Catherine Jennet. Il choisit une carrière très en vogue au XIXe siècle : la peinture sur porcelaine. À une époque où les arts décoratifs français rayonnent à l’international, le métier de peintre sur porcelaine exigeait une maîtrise absolue du dessin et une connaissance pointue des pigments chimiques, capables de résister aux très hautes températures des fours de cuisson.
Le 6 octobre 1832, il épouse à Paris Eulalie Madeleine Blouzon. Ensemble, ils forment une communauté de biens qui va s’avérer prospère.
L’empreinte locale : L’avenue Philippe-le-Boucher à Neuilly-sur-Seine
Si le nom d’Antoine Philippe Leboucher résonne encore aujourd’hui, c’est autant pour son art que pour son flair immobilier lors de l’extension de la banlieue ouest de Paris.
Au milieu du XIXe siècle, l’ancien parc du château de Neuilly (propriété de la famille d’Orléans, ravagé pendant la Révolution de 1848) est mis en lotissement.
L’acquisition de 1854 : Le 15 novembre 1854, alors qu’il réside au 41, Vieille Route à Neuilly, Antoine Philippe Le Boucher se porte acquéreur de plusieurs lots d’un vaste terrain situé entre l’ancienne rue du Marché et la rue Perronet.
La superficie : L’achat représente une surface totale de 5 520 m² (les lots 162 et 163 du lotissement général du parc).
La postérité : C’est sur ces terrains qu’a été ouverte la voie qui porte aujourd’hui son nom : l’avenue Philippe-le-Boucher à Neuilly-sur-Seine.
Fin de vie
Après une carrière consacrée à l’art de la porcelaine et à la gestion de ses biens, Antoine Philippe Leboucher s’éteint le 25 novembre 1886 à Paris (dans le 10e arrondissement), à l’âge de 78 ans, laissant derrière lui une rue francilienne pour témoigner de son histoire.
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Pour comprendre précisément comment le peintre sur porcelaine Antoine Philippe Leboucher a donné son nom à l’actuelle avenue Philippe-le-Boucher à Neuilly-sur-Seine, il faut se plonger dans la topographie du quartier et la transformation de ses terrains privatifs en voies publiques.
Voici le mécanisme exact de cette création urbaine :
L’origine de l’avenue : Le « Passage Masséna »
À l’origine, cette voie n’était pas une rue de la ville, mais un ensemble de trois voies privées qui formaient une impasse ou une desserte intérieure. Cet ensemble s’appelait alors le passage Masséna.
Ce passage s’enfonçait à l’intérieur d’un immense îlot urbain, situé exactement entre :
L’actuelle rue Madeleine-Michelis (qui s’appelait à l’époque la rue du Marché).
La rue Perronet.
Le mécanisme foncier : L’adjudication de 1854
En 1854, l’ancien domaine du château de Neuilly (le parc) est morcelé et vendu aux enchères (par adjudication) sous forme de grands lots de terre destinés à être construits.
Le 15 novembre 1854, Antoine Philippe Leboucher (qui habite alors à Neuilly, au 41 Vieille Route) se porte acquéreur des lots n°162 et 163 du lotissement général.
Il achète cette immense parcelle d’un seul tenant, totalisant 5 520 m².
Ce terrain traverse l’îlot en profondeur, connectant les numéros 41-43 de la rue du Marché (Madeleine-Michelis) aux numéros 31-33 et 41-43 de la rue Perronet.
Le tracé de la future avenue
En devenant propriétaire de ce cœur d’îlot, Antoine Philippe Leboucher y fait construire des bâtiments de rapport (des immeubles ou maisons particulières destinés à la location ou à la revente). Pour desservir ces nouvelles habitations privées qu’il érige sur ses 5 520 m², il utilise et prolonge l’assiette du passage Masséna.
Dans les archives architecturales et les plans de la fin du XIXe siècle, cette portion de terrain et les bâtiments associés sont explicitement désignés comme la « Propriété de Mr Le Boucher », située au sein de ce qui commence alors à s’appeler l’« avenue Philippe Le Boucher » (le passage Masséna ayant été rebaptisé par l’usage ou par décision municipale en l’honneur du propriétaire et aménageur du lieu).
En résumé
Le lien est donc un lien de propriété et d’aménagement foncier : l’avenue Philippe-le-Boucher n’est rien d’autre que le chemin privé qu’Antoine Philippe Leboucher a fait percer (ou a possédé) au milieu de ses 5 520 m² de terrains pour pouvoir y bâtir ses propriétés immobilières. Avec le temps, la voie a été intégrée au domaine public de Neuilly, mais elle a conservé le nom du peintre-investisseur qui en avait dessiné les contours.